Le Mugello reste le dernier temple de la vitesse sauvage
Chez La Jante Masculine, la course automobile est une passion. Parler de circuits est donc d’une logique implaquable. Retrouvez nos autres articles sur des circuits légendaires ici.
On passe donc des heures à comparer les tracés du monde entier, mais dès que l’on pose les roues en Toscane, le débat peut s’arrêter. En effet, le circuit du Mugello n’est pas une simple piste bitumée. C’est une œuvre d’art qui épouse les collines italiennes.
Le Mugello est l’un des deux circuits qui appartient à la marque Ferrari, avec le circuit de Fiorano. Ce dernier étant tout proche de l’usine Ferrari et plus petit, le Mugello est la piste réservée aux tests à haute vitesse pour les essais de développement des voitures.

Ce qui frappe le plus ici, ce n’est pas seulement le paysage et cette appartenance à la marque italienne, c’est cette sensation de vitesse pure que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Certes, d’autres circuits sont plus célèbres et presque voisin, mais aucun ne possède pas cet aspect sauvage. Cette envie pressante d’appuyer sur l’accélérateur pour épouser ces magnifiques paysages.
Une leçon de dessin naturel
Tout d’abord, il faut comprendre que ce circuit n’a pas été tracé par un architecte derrière un écran d’ordinateur. Regardez les circuits modernes comme celui d’Abu Dhabi ou ces nouveaux circuits urbains, où tout semble plat et artificiel.
À l’inverse, au Mugello, la piste suit le relief naturel de la terre. Par conséquent, chaque virage est un défi physique où la voiture semble s’enfoncer dans le sol avant d’être catapultée vers le sommet suivant. Son voisin allemand, le Nurburgring, à le même ADN, et c’est ça qu’on veut voir.

De plus, cette configuration crée des enchaînements légendaires comme l’Arrabbiata 1 et 2. En réalité, prendre ces deux courbes à fond est une expérience mystique pour n’importe quel passionné. Puisque la visibilité est limitée et que la force centrifuge vous écrase contre le siège, on comprend vite pourquoi les pilotes considèrent ce lieu comme un juge de paix. C’est ici que l’on réalise que la technologie ne remplacera jamais le courage pur.
L’âme italienne contre le désert
Ensuite, il y a cette atmosphère unique qui règne dans les tribunes. Bien sûr, on ne parle pas ici d’un complexe ultra-moderne avec des loges climatisées à chaque virage. Pourtant, l’odeur du café, le bruit des moteurs qui résonne dans la vallée et la ferveur des « tifosi » créent un cocktail explosif.
La F1 ne s’y arrête pas, mais le Mugello n’a pas besoin d’un Grand Prix pour prouver qu’il reste le juge de paix absolu pour tout amateur de trajectoires parfaites. La MotoGP, les GT World Challenge ou encore les événements Ferrari s’approprient parfaitement l’endroit.
C’est pourquoi rouler au Mugello donne l’impression de faire partie d’une longue lignée de gladiateurs mécaniques.
Ainsi, alors que les nouveaux circuits du calendrier semblent tous se ressembler, le Mugello conserve son identité brute. Toutefois, il reste incroyablement exigeant pour la mécanique, notamment avec sa ligne droite de plus d’un kilomètre où les moteurs hurlent à l’agonie. Bref, c’est un mélange parfait entre la violence de la vitesse et la douceur des paysages toscans.
« Si un jour je ne devais garder qu’un seul tracé pour user mes pneus, ce serait celui-là. C’est l’endroit où la voiture et la nature ne font plus qu’un. »
Le Mugello nous rappelle ce que devrait toujours être le sport automobile : une communion entre l’homme, la machine et le terrain. Si vous cherchez la perfection esthétique alliée à l’adrénaline, ne cherchez plus.
L’Italie nous offre bien plus qu’un circuit. Elle nous offre le plus beau terrain de jeu imaginable pour quiconque aime vraiment conduire.